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  Patricia Iwai-Poirey

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  Extraits de contes de l’écrivain Mimei OGAWA



LES CERCEAUX D’OR

Tarô, souffrant, était resté longtemps alité, mais le jour arriva où il fut enfin à même de quitter son lit et de sortir. Cependant, les matinées et les soirées étaient parfois encore fraîches en cette fin de mois de mars. Aussi, si elle ne l’empêchait pas de s’aventurer au-dehors tandis que le soleil brillait, sa mère le pressait-elle de rentrer sans tarder dès la tombée du jour.

Il était encore trop tôt pour que les fleurs, tant des cerisiers que des pêchers, n’épanouissent leur corolle. En revanche, les pruniers avaient fleuri près de la clôture. La neige aussi avait presque entièrement disparu, et c’était à peine si elle s’attardait un peu en certains endroits, derrière le grand temple ou à la lisière des champs, où elle se refusait à fondre.

Tarô sortit, mais aucun de ses amis ne jouait alors sur la route. Ils semblaient tous avoir profité du beau temps pour aller s’amuser plus loin. Pensant se joindre à eux s’ils se trouvaient dans le voisinage, il tendit l’oreille, mais nul éclat de voix ou bruit semblable ne lui parvint.

Il demeura un moment devant la maison, l’air triste et esseulé. Or, voilà que les légumes qu’on avait laissés dans les champs l’année passée avaient fait de nouvelles pousses vertes. Et alors qu’il avançait sur l’étroit sentier en les contemplant, un agréable son de cerceaux d’or se frôlant doucement se fit entendre, pareil au tintement d’une clochette.

Levant les yeux vers l’horizon, il vit sur la route un jeune garçon qui approchait au pas de course en poussant devant lui des cerceaux. Et ces cerceaux brillaient de mille feux d’or.

Tarô écarquilla les yeux parce que jamais encore il n’avait vu un cerceau briller aussi joliment. De plus, ceux que le garçon faisait rouler, au nombre de deux, rendaient en s’effleurant un son doux. C’était bien la première fois que Tarô apercevait un enfant aussi adroit avec des cerceaux.

« Mais qui est-ce donc ? », se demanda-t-il en dévisageant le garçonnet qui avançait en courant sur la route lointaine, mais son visage ne lui évoqua rien.

En passant, le jeune inconnu se tourna légèrement vers Tarô et lui sourit. Il paraissait heureux de le revoir, comme s’il venait de retrouver un ami cher.

Bientôt la silhouette du jeune garçon aux cerceaux s’évanouit du côté du chemin blanc. Cependant, Tarô resta longtemps immobile, les yeux rivés à l’endroit où il avait disparu.
« Qui cela peut-il bien être », s’interrogea-t-il. « Quand donc est-il venu s’établir au village ? Ou alors, serait-il venu jouer ici depuis les environs de la ville, un peu plus loin ? », songea-t-il.

Le lendemain après-midi, Tarô se rendit à nouveau au milieu des champs. Et ce faisant, à la même heure exactement que la veille, il entendit tinter des cerceaux. Lorsqu’il regarda au loin en direction de la route, Tarô aperçut le jeune garçon qui arrivait en courant derrière les deux cerceaux. Ceux-ci semblaient étinceler de mille feux d’or. Au moment où il passa devant Tarô, le garçonnet se tourna vers lui et lui sourit d’un air encore plus nostalgique que la veille. Puis il inclina un peu la tête comme s’il s’apprêtait à dire quelque chose, mais il s’éloigna sans en avoir eu le temps.

Tarô, debout en plein champ, regarda tristement le jeune garçon s’en aller. Sa silhouette disparut comme par magie au-delà du chemin blanc.

Néanmoins, Tarô avait toujours devant les yeux l’image de son pâle visage et de son sourire, que rien ne semblait pouvoir effacer.

« Qui cela peut-il bien être ? » se demanda-t-il, fort intrigué. C’était un garçon qu’il n’avait jamais vu et pourtant, il avait l’impression étrange qu’il était son meilleur ami.

[…]




L’ÉTOILE IVRE


[…]

Sakichi se tenait debout sur le chemin, perdu dans ses pensées, quand il entendit au loin un concert de ravissants chants d’oiseaux. Pensant que les fleurs écloses dans les champs avaient attiré des montagnes une nuée de petits volatiles, il tourna la tête en direction des gazouillis. Et quelle ne fut pas sa surprise de voir venir vers lui un vieillard chargé d’une multitude de cages d’oiseaux, pendues aux deux extrémités d’une perche qu’il portait sur l’épaule ! Sakichi se précipita à sa rencontre et découvrit derrière les grillages des oiseaux aux noms inconnus, qui chantaient mélodieusement. Il se dit alors qu’il se passerait fort bien d’un pipeau, d’une trompette, d’un train électrique et de tout autre joujou de la sorte, si seulement il pouvait avoir l’un de ces oiseaux et se mit en tête de suivre le vieux bonhomme. Comme le jeune garçon ne le quittait pas d’une semelle, le vieux monsieur interrompit sa marche et se retourna.

« Petit, as-tu à ce point envie d’un oiseau ? », lui demanda-t-il en riant.

Sakichi hocha la tête en silence, le regard étincelant. Sur ce, le vieillard déposa les cages à terre, sortit une tabatière de sa poche et en tira une pipe, qu’il se mit à fumer à grandes bouffées.

« Puisque tu en as tant envie, petit, je vais te faire cadeau de l’un d’eux », déclara-t-il.

Le petit cœur de Sakichi palpita dans sa poitrine. Ses oreilles s’embrasèrent et il se demanda s’il n’était pas en train de rêver. Le vieil homme lui ayant proposé de lui donner n’importe lequel de ses oiseaux, son choix se porta sur un joli bouvreuil à la gorge rouge.

Le vieillard était vraiment un homme bon. Il saisit l’oiseau dans la cage et le remit à Sakichi, qui l’emporta chez lui dans un ravissement tel qu’il eut l’impression que ses pieds ne touchaient plus terre. Dès son retour, il le mit dans une cage et en prit un soin extrême. Le bouvreuil s’habitua aussitôt à son nouvel espace, et depuis le seuil de la maison où l’on suspendait chaque jour sa cage à un poteau, il faisait entendre son chant délicieux.

Sakichi chérissait le bouvreuil comme le plus précieux des trésors.

[…]

Exemples de travaux non soumis à confidentialité

  Contribution au Grand Livre de Cuisine Joël Robuchon


J'ai traduit deux des cinq tomes de l'Art de Joël Robuchon, ouvrage d'art culinaire regroupant les recettes les plus emblématiques du grand chef cuisinier, édité au Japon en 1994. Ce recueil, transposé du japonais pour le compte des Editions Alain Ducasse, est paru en France en 2010 sous le titre Le Grand Livre de Cuisine Joël Robuchon.
http://www.alain-ducasse.com/fr/shop/livres/grand-livre-de-cuisine-joel-robuchon